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Le MS21 ouvre très volontiers son site aux mouvements poltiques avec lesquels il partage ses fondamentaux et notamment son attachement aux principes de la République Sociale et Laïque. Dans cette perspective, veuillez trouver ci-dessous un article de Réseau Social Laïque qui aborde la question de la stratégie de victimisation utilisée par l'intégrisme religieux.

 

 

 

 

 

 

Le 25 novembre 2020 

 

 

Catho, islamo, ou laïquophobie ?

 

 

Le militantisme catholique refait surface avec les revendications religieuses en faveur des messes dont l’interdiction fait partie des mesures de reconfinement. Plusieurs rassemblements ont eu lieu pour s’en affranchir. Existerait-il une « cathophobie » dans notre pays ou, au contraire, une tolérance particulière à leur égard ? La récente action terroriste d’un militant catholique en Vendée montre que les religions peuvent justifier la violence et l’assassinat au nom de Dieu. Une chose est sûre : les croyants les plus fervents des monothéismes de tout poil se présentent comme des victimes.

Union des présumés victimes de la République ?

Peut-on parler de « cathophobie » en France ? La lecture de la longue litanie victimaire de l’intégrisme religieux nous convaincrait. Ces malheureux sont privés de leurs lieux de prières. La République les brime ! Elle les empêche de s’agenouiller dans leurs églises. La « cathophobie » frappe les blancs Versaillais pour qui la messe est vitale. Un racisme anti-catholique des déshérités du Christ touche nos quartiers parisiens du 16e arrondissement. Tout comme le CCIF (Comité Contre l’Islamophobie) dont elle est l’exacte pendant, l’association CIVITAS lutte pour Dieu, la Patrie et la Famille. Il ne leur manque que le Travail pour retrouver la maxime vichyste dont on sait qu’elle fut protectrice des Juifs devant l’Eternel (mais pas forcément des nazis)En attendant, ces pauvres catholiques victimes d’un racisme systémique, sont colonisés dans leur école par la puissance publique laïque qui leur impose de respecter les programmes et les écrase d’une fiscalité confiscatoire. Ces « racisés », spirituellement appauvris (mais pas toujours matériellement) sont ghettoïsés dans Versailles et l’Ouest Parisien. Et comme nous le rappelle Matthieu verset XX : « Les derniers seront les premiers », principe que Marx n’aurait pas désavoué puisque, dans notre système capitaliste, les derniers à travailler – nos chers actionnaires - sont les premiers à s’engraisser. Comme l’Islam, cette religion catholique est forcément pure. Aussi, l’attentat terroriste catholique de Cholet ne vient pas d’un catholique, même s’il est croyant, et qu’il revendique cet acte au nom de sa religion, comme des nouveaux croisés distribuant leur parole sainte à coup d’épées et de bûchers. Mais, qu’attendent les bonnes âmes anti-islamophobie pour s’allier avec les bigots hystériques ? Qu’attendent-elles pour dénoncer la cathophobie et faire l’union sacrée avec Civitas ? Après tout, l’égalité devant Dieu d’abord, au-dessus des Hommes, c’est leur combat commun.

 

Si nous n’étions pas laïques et donc sociaux…

Nous rappelant que la première vague de mort et de contamination est due à une manifestation religieuse à Mulhouse, nous serions tentés de laisser faire si nous n’étions pas laïques mais antireligieux. Nous serions aussi tentés de ne pas soigner des religieux dans nos hôpitaux construits par la Sécurité sociale, création du Conseil National de la Résistance et de la volonté populaire incarnée par Ambroise Croizat. Mais voilà, nous sommes laïques et humanistes, nous socialisons volontiers notre argent. Nous savons qu’une société qui n’est pas solidaire se meurt.  Notre devise restera toujours « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » même pour ces pseudo-héritiers de mouvements universalistes, irrigués naguère par la pensée de Jaurès, et qui se vautrent maintenant dans le relativisme multiculturel néolibéral du « chacun pour soi, moi d’abord ». Alors, sommes-nous « cathophobes » quand nous faisons passer la raison avant la croyance ? Sommes-nous islamophobes quand nous demandons que des femmes aient accès aux soins à lhôpital sans distinction de genre, de race et de religion ? Sommes-nous des bourreaux en leur permettant de se soigner au nom de l’universalisme laïque pour lequel nous nous sommes battus et nous battons toujours ? Serions-nous des racistes antireligieux sans le savoir ? De dangereux colonisateurs d’Eglises et de croyances ? De vilains catophobes ? De dangereux islamophobes ? Et, réciproquement, CIVITAS et le CCIF ne seraient-elles que des associations de prière, apolitiques, qui pourraient légitimement prôner la censure en invoquant l’interdiction de la catophobie et de l’islamophobie au nom des Droits de l’Homme ?

 

Laïques redressons la tête, reprenons le combat !

Certains regardent ces « bondieuseries » avec indifférence ou une relative bienveillance, malheureusement la réciproque ne se vérifie pas. Les intégristes de tout bord n’hésitent pas à tuer les gens qui veulent rester libres de décider en tant que peuple et pas en tant que croyants. C’est cela la laïquophobie. Ils menacent et salissent les universalistes laïques, qui pensent que l’élévation spirituelle commence par la raison et le droit qu’un enfant a de s’instruire et de s’épanouir dans une société où le mérite serait justement récompensé. Face à la régression issue du néolibéralisme et ses graves conséquences sociales et démocratiques des dernières décennies, nous considérons que l’émancipation laïque est intrinsèquement liée à l’émancipation sociale. Ces deux formes d’émancipation, déclinées individuellement et collectivement, doivent guider le destin d’un peuple souverain. La laïcité est le guide de la souveraineté du peuple et de notre pays.

 

 

 Pour en savoir plus :

 

RSL- Syndicats et laïcité : c'est ici

Samuel Paty : c'est ici

Le communautarisme : c'est ici